Souvenirs de la dernière mission de John Glenn, "papi de l'espace"



En 1998, John Glenn, premier Américain à avoir fait le tour de la Terre en orbite, retourna dans l'espace et devint le plus vieil astronaute.
En ce mois d'octobre 1998, un ciel d'été baigne la Floride. Par dizaines de milliers, comme à l'époque des pionniers de Mercury, les spectateurs se sont massés, le long des routes, le long des plages, pour assister au décollage. Plus une chambre d'hôtel n'est disponible dans la région de Cap Canaveral. Un authentique héros de l'Amérique va repartir dans l'espace. Ce 29 octobre, les plus célèbres commentateurs de la télé américaine, les chroniqueurs des missions Apollo, ont retrouvé la tribune VIP de Cap Canaveral. Le premier spationaute français, Jean-Loup Chrétien, est de la fête.
"Godspeed, John Glenn"
Lorsque la navette Discovery s'élance, dans un grondement faisant vibrer le sol de Floride à des kilomètres à la ronde, l'émotion est à son comble. Depuis l'explosion de la navette Challenger douze ans plus tôt, nul ne peut regarder "l'autobus de l'espace" de la Nasa décoller sans appréhension. Le risque, le sénateur John Glenn le connaît parfaitement. Quand Discovery disparaît dans le ciel azur, minuscule point incandescent laissant une volumineuse traînée blanche, les Américains ont tous la citation historique en tête : " Godspeed, John Glenn". C'est le souhait de bonne chance que Scott Carpenter, le contrôleur de mission, avait lancé à John Glenn, le 20 février 1962, alors qu'il avait pris place dans le vaisseau Friendship 7 à bord duquel il allait devenir le premier Américain en orbite. Dix mois après le soviétique Iouri Gagarine.

Une mission pour redorer le blason des vols habités.
Pour la Nasa, cette seconde mission du héros Glenn, offre une formidable occasion de redorer le blason des vols habités. Il s'agit de montrer qu'il n'est plus besoin d'être un pilote d'essai surentraîné pour aller dans l'espace. Et que les missions orbitales peuvent servir, par exemple pour étudier le vieillissement. Les jaloux reprochent au sénateur septuagénaire d'avoir bénéficié des faveurs du président Bill Clinton pour profiter de ce très coûteux séjour spatial.
La mission STS-95 de la navette Discovery dure neuf jours. Au retour, lorsque se pose le gros oiseau spatial blanc au ventre noir, l'émotion, à Cap Canaveral, est aussi palpable qu'au départ. John Glenn semble un brin fatigué, mais sa haute silhouette domine l'équipage. Lors de la conférence de presse, à ses côtés, un autre spationaute est rayonnant. C'est Pedro Duque, l'Espagnol représentant l'Agence spatiale européenne (Esa). Le " gamin" a alors 34 ans. Il pourrait être le petit-fils du héros. On a l'impression que le " papi de l'espace" l'a pris en affection. En ce 8 décembre 2016 où John Glenn est parti pour un ultime voyage, Pedro Duque, comme les Américains attachés à la conquête spatiale, doit se remémorer la phrase culte : " Godspeed, John Glenn".

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