
Alors
que 2016 est en voie de devenir une année record sur le plan des températures,
et que le réchauffement est blâmé notamment pour la fonte des glaces. Voilà
qu’un nouveau suspect pourrait contribuer à la fonte des glaciers en
Antarctique.
La barrière de Larsen est une calotte de glace bordant la
côte est de la péninsule Antarctique, séparée en trois sections soit l’A, la B
et la C. La B a notamment attiré énormément d’attention lors de son
affaissement en 2002. Si on pointe facilement du doigt les changements
climatiques pour expliquer les plus bas niveaux de glace, voilà qu’un suspect
s’ajoute à la liste de possibles facteurs de fonte. Son nom : foehn. L’effet de
foehn est à l’origine de vents descendants chauds et secs qui se développent à
flanc de montagne. La péninsule Antarctique est traversée par une chaîne
montagneuse dont les sommets atteignent entre 1 500 et 2 700 mètres.
Ces vents seraient étroitement reliés à l’oscillation
antarctique qui représente une variation de pression, un principe similaire au
courant-jet dont l’ondulation détermine la montée et la chute des températures
en Amérique du Nord. Lorsque cette oscillation est dite positive, les températures
tendent à être plus élevées, ce qui est présentement le cas. L’effet de foehn
peut faire grimper les températures de près de 14 °C et c’est ce qui, selon
certains experts, contribuerait à la fonte des glaciers et des calottes
polaires en Antarctique.
La raison pour laquelle ce facteur était demeuré jusqu’à
maintenant insoupçonné est que l’effet de foehn ne se produit pas durant
l’été ; le réchauffement seul serait alors responsable de la fonte accélérée.
Une fois les mois d’hiver installés cependant, la fonte se poursuivrait donc :
en effet, on suppose même que les vagues de chaleur les plus importantes se
produisent durant l’hiver.
L’Antarctique est entouré d’un vortex polaire. Puisque le
pôle est isolé des autres continents, la seule barrière naturelle obstruant le
courant est la péninsule Antarctique. L’est de la péninsule était autrefois
beaucoup plus froid, protégé du courant d’air de par la topographie du terrain.
Pendant des milliers d’années, la côte est de la péninsule était bordée de
plateaux de glace qui pouvaient dépasser les 250 mètres.
En 1988, on a observé que des changements ont commencé à se
produire : les plateaux ont commencé à disparaître. Puis en 1995, la barrière
de Larsen A s’est effondrée, suivi sept ans plus tard de la B. Les deux
calottes montraient des symptômes similaires, soit l’amincissement de leur
couche de neige protectrice. Les experts soupçonnent que les vents produits par
l’effet de foehn emporteraient la neige et la feraient fondre, ce qui
expliquerait donc la disparition progressive des glaces antarctiques.
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