
Où est Schiaparelli et dans quel état ?
L’atterrisseur est à la surface de Mars mais l’Agence
spatiale européenne (ESA) ne sait pas dans quel état il se trouve. Il a cessé
d’émettre un signal radio peu avant le moment où il devait toucher le sol
mercredi. Il est tout à fait possible qu’il n’ait pas survécu et qu’il soit en
morceaux.
Les données envoyées par Schiaparelli et recueillies par
la sonde européano-russe TGO, sont encore en cours de dépouillement. Mais plus
les heures passent et plus il y a des raisons d’être pessimiste.
À quel moment est survenu le problème ?
Vers la fin des « six minutes de terreur » qui s’écoulent
entre l’entrée d’un module dans la fine atmosphère martienne et l’impact au
sol. À 120 km de la surface, Schiaparelli est entré dans l’atmosphère à la
vitesse de 21.000 km/heure. Son bouclier thermique l’a protégé efficacement.
Son grand parachute s’est ensuite déployé pour réduire encore son allure.
La situation s’est grippée à partir de l’éjection du
bouclier thermique arrière et du parachute, selon les données recueillies par
TGO. « Il semble que cette éjection se soit produite plus tôt que prévu mais il
faudra attendre que l’ensemble des données aient été analysées pour en avoir la
certitude », souligne l’ESA. Les rétrofusées, chargées de freiner Schiaparelli
à la fin de la descente, se sont brièvement activées mais elles se sont
vraisemblablement éteintes trop rapidement, à une altitude qui reste à
déterminer.
Schiaparelli a cessé de transmettre des données environ
50 secondes avant l’heure prévue pour l’impact (16h48 en Belgique).
Si Schiaparelli est perdu, quelles sont conséquences
immédiates ?
Avec Schiaparelli, l’Europe spatiale entendait démontrer
sa capacité à faire atterrir en douceur un module sur Mars, treize ans après
l’échec du petit atterrisseur Beagle 2. Si le scénario qui se dessine
actuellement se confirme, elle aura essuyé un nouveau revers.
Pourtant, cette fois-ci, l’ESA a mis les moyens en
mettant sur la table 230 millions d’euros pour Schiaparelli. Elle a aussi pris
le soin de barder le module de capteurs pour qu’ils enregistrent toute la phase
périlleuse. Grâce à cela, elle saura précisément ce qui n’a pas fonctionné et
pourra en tirer les conséquences pour l’avenir.
Ce module technologique est « un test qui est là pour
prendre des données » sur l’entrée, la descente et l’atterrissage, a souligné
le directeur général de l’ESA Jan Woerner. « Nous avons les données ». Le
module a été conçu pour vivre quelques jours seulement à la surface de Mars.
Son rôle scientifique est restreint mais il est quand même équipé d’une station
météo.
Cela peut-il nuire à la mission dans son ensemble ?
« L’exploration de Mars est difficile mais c’est pour
cela qu’il faut la faire », a souligné David Parker, directeur des Vols habités
et de l’exploration robotique à l’ESA. ExoMars 2016 n’est que le premier volet
d’une ambitieuse mission en deux temps. En 2020, l’Europe et la Russie
prévoient d’envoyer sur Mars un gros robot mobile qui doit s’appuyer sur les
développements technologiques de Schiaparelli. Il effectuera des forages pour
tenter de retrouver des traces d’une vie bactérienne passée.
Les mésaventures de Schiaparelli ne vont pas faciliter la
tâche de l’ESA qui est à la recherche d’un financement complémentaire de 300
millions d’euros pour ExoMars. Pour l’ESA, le coût budgété des deux missions
est actuellement de 1,5 milliard d’euros mais ce n’est pas suffisant.
Et qu’en est-il de la sonde TGO ?
Les déboires de Schiaparelli ne doivent pas cacher le
succès de la sonde scientifique TGO qui a parfaitement réussi son insertion en
orbite de Mars mercredi.
Elle a démontré également qu’elle allait pouvoir servir
de relais de communications aux sondes autour de Mars.
Commentaires
Enregistrer un commentaire